samedi 1 février 2014

Debord et Nougé / 5



Dans l’Introduction à son travail Geneviève Michel, raconte les circonstances de sa « rencontre » avec Nougé qui s’est faite, dans un premier temps, grâce à un exemplaire de la réédition des Lèvres nues aux éditions Plasma trouvé chez un revendeur de livres neufs à prix réduit de Saint-Ouen ; puis dans un second, par un le biais d’un ami qui possédait dans sa bibliothèque Histoire de ne pas rire et dont elle dit : « Je pense que l’intérêt qu’il témoignait à cet auteur venait essentiellement de la caution que lui apportait Debord. » De fait, il est assez évident, et nécessaire, de faire la relation entre les deux hommes. (Ce qu’elle ne manque pas de faire de manière assez détaillée dans un chapitre sur Le Détournement.)

Toujours dans cette Introduction, elle raconte aussi comment cet ami debordien lui fit la lecture de L’Histoire du problème, de Nougé, — « sans la solution » — dont voici l’énoncé : « D’aval en amont, un nageur jouit d’un cours d’eau. Sa coupe est régulière. Ayant accompli un trajet de mille mètres à travers la campagne, il rencontre un bouchon. Il poursuit son exploit pendant vingt minutes. Puis, d’amont en aval, il revient à son point de départ, où il retrouve le bouchon. On demande la vitesse du courant. ». Elle précise qu’ils passèrent « des heures à discuter du bouchon, du nageur et de la vitesse du courant » sans trouver la solution. Et elle poursuit : « Nougé est resté pour moi longtemps lié à ce bouchon qui dérive porté par le courant, et moi, bien que bonne nageuse, j’ai mis pas mal d’années à le rattraper… » Mais au bout du compte, écrit-elle, s’agit-il vraiment de trouver la solution du problème « si, en lisant bien Nougé, il apparaît clairement que la solution importe peu et que seule la démarche suivie a de l’importance ? »

Il nous faut donc examiner précisément et dans son ensemble la « démarche » de Nougé — dans les pas duquel le jeune Debord s’est glissé — en suivant Geneviève Michel dans sa démonstration. Mais il faut insister à nouveau sur la différence essentielle qu’il existe entre Nougé qui disait son « espoir de devenir un jour une épave anonyme » — et qui n’a échappé à l’oubli que grâce à Marcel Mariën sans lequel il « aurait sans doute sombré dans cet anonymat qu’il semblait appeler de ses vœux » — et Debord qui a soigneusement préparé son apothéose finale depuis le début sous couvert d’une obscurité revendiquée qui n’était donc que de façade.

(À suivre)

16 commentaires:

  1. « Il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des solutions » ("Les Lèvres nues", no 4, janvier 1955, p. 37), soit 5 ans après "L'Histoire du problème" (22 janvier 1950).
    Sans doute le Lucarneur de mauvaise foi (pléonasme) aurait-il dû le savoir mais c'est trop demander à un enfonceur de portes grandes ouvertes : il y faut un peu plus de culture, voilà tout…

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    1. L'imbécile est content. L'imbécile récite sa leçon : "Il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des solutions." L'imbécile est un malheureux imbécile. On peut tout aussi bien dire : il n'y a pas de solutions, il n'y a que des problèmes." En effet, quand on sait poser un problème, on a en même temps la solution. Mais l'imbécile ne sait rien puisque c'est un imbécile. Quand le doigt montre la lune, l'imbécile regarde la lune, évidemment — et l'imbécile l'a dans le cul !

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    2. Pris en flagrant délit d'ignorance, le vieux con toujours s'énerve. C'est d'ailleurs à cela qu'on peut reconnaître le vieux con. Il vient de découvrir Paul Nougé et ignore que cette phrase (« Il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des solutions ») a été l'un des points de convergence entre les lettristes internationaux et les lèvres-nudistes en novembre 1954… mais il est vrai que tout est égal pour le vieux con puisqu'on peut tout aussi bien dire con vieux que vieux con.

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    3. Mon pauvre Lucarnul, vous ne vous améliorez pas : avec vous, à un certain moment, il est toujours question de cul, ça vous travaille à ce point ?

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    4. C'était façon de parler. Retournez donc à vos platines : in girum.— et mettez le feu à la nuit.

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    6. Façon de parler ? mon pauvre Lucarnul, qui peut encore croire à l’innocence du langage ? Votre traduction fantaisiste mais orientée de ballepeau (qui veut dire : rien) est assez significative : vous avez tort, vous vous énervez, vous pensez au cul, vous en parlez, toute contrariété vous y amène.
      Cette psychologie de bazar qui fait vos délices devrait vous faire sentir qu’outre une obsession sexuelle toujours prégnante, cet emploi injurieux du mot cul montre que vous êtes dans la merde.
      Vous vous obstinez à parler de Debord qui toujours se dérobe à vos risibles analyses, vous commettez un ouvrage sur le sujet, Allia vous le refuse… vous tournez en rond mais ce n’est pas dans la nuit, c’est dans les chiottes.
      Ouvrez la fenêtre, tirez la chasse !

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    7. Ballepeau = Rien = Trou du cul = Imbécile = Alex

      Est-ce suffisamment clair ?

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    8. Je dirais comme Slashead : "Ouaip, ça devient n'importe quoi ce blog."
      Vous préférez soliloquer ?
      Je vous conseille de ferrailler de nouveau avec le pitoyable Voyer : voilà quelqu'un qui est toujours à la hauteur de vos guerres picrocholines.
      Mais pour Debord, c’est raté, vous n’arriverez à rien qu’à vous ridiculiser… comme Voyer.

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  2. Ouaip, ça devient n'importe quoi ce blog.
    J'en profite tout de même pour dire que l'Encyclopédie des Nuisances publie "Les Fables de Maître Lie" de Lie Tseu. Ça nous changera des "Fables d'Oncle Xavier".

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    1. Lisez Nougé, ça vous changera.

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    2. Ça, il est certain que lire Paul Nougé nous change des misérables élucubrations de Xavier Lucarnul ! et justement nous n'avions pas attendu Oncle Xavier et ses fables pour le faire : le pauvre a toujours plusieurs portes ouvertes à enfoncer…

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  3. Les éditions Allia préparent les oeuvres complètes de Paul Nougé qui devraient paraître en automne, en même temps que les entretiens avec Raoul Vaneigem.
    Source : Allia

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    1. Que voilà une bonne nouvelle — disons même deux.

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